Quotidien d’une Niléane #2 : nouvelle confiance et tracas.

Lorsque je vous parlais ici la dernière fois, en mars 2017, je faisais état de toutes ces étapes que je commençais à franchir. Une à une, elles me font saisir que le temps passe, et que les choses vont mieux, et peuvent aller mieux.

Depuis cette dernière fois, mon changement de prénoms a été autorisé, et ont suivi toutes les démarches pour le faire refléter auprès de tous les organismes qui me connaissent. C’est long, épuisant, exténuant. Parfois, c’est l’occasion de révéler des comportements discriminatoires ou humiliant. Mais c’est aussi régulièrement l’occasion de se satisfaire d’avoir pu cocher une case en plus dans la liste des organismes à remuer.

Depuis cette dernière fois, j’ai fait de nouvelles connaissances, et mes amitiés ne se sont que renforcées. Mon corps devient chaque jour davantage mon corps. Je crois que ce parcours de vie, cette Niléane dont j’ai toujours eu besoin et qui s’installe lentement, forge quelque chose de nouveau en moi. Je crois qu’il s’agit d’une certaine confiance en soi. J’ai confiance en ma capacité de faire face, j’ai confiance en ma propre présence.

Puis, en fait, j’arrive à me prendre en photos et à adorer ce que je vois.

C’est un sentiment irrégulier dans le temps, un sentiment nouveau, mais un sentiment qui s’installe et qui prend ses aises.

On me dit ici et là que je suis importante, que mon témoignage est important, que mon récit de vie simple et niais compte vraiment, qu’il soit en successions de 140 caractères, en successions de petites photos soignées, ou en petites réponses aux messages anonymes. On me confirme que je suis une femme avant d’être une femme trans. On me félicite d’être forte et déterminée.

Comment y croire ? Comment y croire quand certains jours, tout semble tenter de me prouver le contraire ? Comment y croire quand certains jours, je semble comprendre que je gaspille beaucoup trop d’air ? Je n’en sais trop rien, mais des fois j’y crois et je me rends compte alors que je vais bien.

La dernière fois, je concluais en remerciant celleux-là qui m’aiment. Et puis je prenais le luxe de me remercier moi-même. C’est une recette qui semble fonctionner et que je renouvelle ce soir. Merci à celleux-là qui m’aiment, je vous aime. Et puis merci à moi-même, peut-être bien que je m’aime.

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